Végane d’ailleurs : Simohamed, végane marocain

Écrit par : Faiza Kabissi

 

Être végane et vivre à Montréal n’est pas si difficile quand on pense à toute l’offre disponible en matière de restaurants, cafés, épiceries, vêtements, cosmétiques, etc. Il suffit de consulter la section des rabais sur le site de l’AVM pour constater que de nombreux commerces végétariens et véganes sont situés dans le Grand Montréal.

Toutefois, qu’en est-il des véganes vivant ailleurs?

Aujourd’hui, je vous présente le portrait de Simohamed, 26 ans, activiste végane marocain. Il s’est fait connaître dans les médias marocains grâce à sa chaîne YouTube parlant de véganisme.

Depuis quand es-tu végane?

Je suis devenu végétarien en 2012 et je suis végane depuis 2015.

Quel a été ton déclic?

Je suis devenu végétarien après avoir consulté des documentaires et lu des livres qui m’ont été transmis par des amis résidant en Italie. Ces derniers m’avaient déjà parlé de végétarisme. J’étais curieux et je leur ai demandé de me transmettre de la documentation à ce sujet.

Après avoir fait des recherches plus poussées sur Internet, j’ai découvert l’organisation Mercy For Animals et la chaîne YouTube Bite Size Vegan. Ces deux sources ont beaucoup influencé ma transition vers le véganisme. J’avais compris que l’exploitation animale n’était pas nécessaire, que ce soit pour mon alimentation ou pour tout autre aspect de ma vie. Alors, j’ai décidé de devenir végane pour les animaux, l’environnement et ma santé.

Comment ton entourage a réagi par rapport à ton végétarisme et ensuite véganisme?

En fait, quand je suis devenu végétarien en 2012, je n’en ai parlé à personne autour de moi pendant 2 ans. J’avais peur du jugement des autres.

Finalement, quand je l’ai annoncé, j’ai fait face à une grande vague de critiques de la part de mon entourage. Je me sentais très seul. Alors, je suis allé sur les réseaux sociaux et petit à petit, j’ai trouvé d’autres personnes vivant la même situation au Maroc.

Aujourd’hui, les personnes dans mon entourage ont un peu accepté ma réalité de végane ou plutôt ils se sont habitués, mais je continue de faire face à des critiques. La seule différence pour moi aujourd’hui est : cette peur du jugement de l’autre ne fait plus partie de mes soucis.

As-tu rencontré d’autres difficultés? Lesquelles?

Les grands obstacles que j’ai rencontrés étaient durant les fêtes religieuses au Maroc. Tout tournait autour des produits animaliers, en particulier, la fête du sacrifice. Au début, j’inventais des excuses pour éviter ces situations. Aujourd’hui, j’essaie d’être ailleurs quand il est question de ce genre de célébration.

Les autres difficultés que je rencontre sont relatives aux produits véganes. Les seuls produits qu’on peut retrouver dans les épiceries marocaines sont les laits végétaux et les yogourts de soya. Pour ce qui est des restaurants, j’en connais un seul à Casablanca.

Est-ce que tu as constaté un changement dans ta vie depuis que tu es végane?

Je me sens mieux psychiquement, car je ne contribue plus à l’exploitation animale.

Je me sens aussi mieux côté santé. Étant donné l’absence des produits végétaliens transformés au Maroc, je cuisine beaucoup avec des légumes frais ainsi que des légumineuses. On est gâtés au Maroc. Il y a une multitude de fruits et de légumes frais à prix très abordables. Donc, mon alimentation végétale ne me coûte pas cher et est la meilleure solution pour ma santé.

Quel est ton aliment préféré/ton plat préféré?

J’adore les épinards et je les ajoute un peu partout.

J’aime beaucoup le tagine aux légumes et zaalouk (caviar d'aubergines grillées puis mélangées avec des tomates et assaisonnées d'ail et d'épices).

Pourquoi être végane est-il important pour toi?

Au Maroc, le végétarisme est encore nouveau. Le véganisme quant à lui est un concept tout à fait étranger. Mon objectif est de sensibiliser et de diffuser l’information sur les bienfaits du véganisme. D’ailleurs, c’était la raison derrière la création de ma chaîne YouTube. J’ai remarqué que la majorité de l’information disponible en ligne était soit en français ou en anglais. Je voulais atteindre plus de personnes et c’est pourquoi j’ai décidé de parler darija (arabe dialectal marocain).

Quelles ont été les réactions autour de toi depuis la publication de ta première vidéo YouTube

C’était très positif. Plusieurs chaînes nationales et magazines m’ont contacté pour des entrevues. J’étais le premier marocain à parler publiquement de véganisme. De plus, plusieurs personnes m’ont contacté pour m’encourager et me dire qu’ils sont ou veulent devenir véganes.

Récemment, j’ai été invité à donner une conférence sur le véganisme dans une université.

Quels sont tes projets?

Je souhaite fonder une association afin de rassembler les véganes du Maroc et continuer de sensibiliser et de changer les mentalités.

C’est encore difficile d’avoir l’appui de plusieurs personnes. Les véganes ont peur de s’afficher au Maroc, puisque le sujet est encore tabou.

Il y a un long chemin à parcourir en ce qui a trait au véganisme au Maroc. Je suis quand même optimiste, car j’ai constaté le changement des mentalités depuis 2012.

 

Où retrouver Simohamed :

YouTube : youtube.com/channel/UCjqt8hm1jxDwOtPQOQQrqTA/videos

Facebook : facebook.com/simohamed.bouhakkaoui

Instagram : instagram.com/simohamedbouhakaoui/

Twitter : twitter.com/Bouhakkaoui

 

L'opinion exprimée dans le cadre de cette chronique, est celle de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion, ni n'engage l’AVM.

 
Author: administrateur2

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