Portrait d’activiste : Jean-François

Par Claude Samson

Je me propose de faire connaitre dans cette rubrique « Portraits d’activistes » des personnes engagées sur le terrain, connues ou non, en faisant apparaitre leur parcours, les étapes de ce parcours, les influences qu’ils ou elles ont reçues, leur rapport à l’alimentation, aux animaux, les changements qu’a apporté leur « conversion » au véganisme dans leurs relations sociales.

Je vous présente aujourd’hui le portrait de Jean-François.

  • Bonjour Jean-François. Comme tu le sais, j’aime bien demander aux personnes que je rencontre en entretien s’ils ont vécu avec des « animaux de compagnie » étant enfant…
    Il y avait des chats à la maison, dont je m’occupais. Des chats errants à l’origine. Ma mère a peur des animaux, mais elle a toujoursquand même accepté. Mon père a grandi avec des chats, et puis j’allais souvent observer les animaux dans les bois chez mes grands-parents, à Mont-Tremblant : ils me fascinaient…
  • As-tu été en contact avec des animaux de ferme ?
    Très peu.
  • Tu as deux chiens. Je crois savoir que tu as décidé récemment de quitter Montréal à cause d’eux ou plutôt à cause de la nouvelle législation.
    J’ai un chien de race Staffordshire : non seulement je ne suis pas capable de lui faire porter la muselière, mais je ne le voulais pas non plus. J’ai dû me cacher dans les ruelles pendant un mois pour les promener. Ça coûte 500 $ d’amende si on se fait prendre. Je devais quitter Montréal pour me rapprocher de ma blonde, de toute façon, mais cela a précipité mon départ.
  • Quel a été ton parcours vers le véganisme ? Est-ce qu’il y a eu une étape végétarienne ?
    Oui. En 1989, je suis tombé sur une manifestation anti-fourrure rue Sainte-Catherine. J’y suis retourné et le processus s’est enclenché, et je suis devenu végétarien à ce moment. À l’époque, on n’avait que très peu d’infos sur l’exploitation animale, vu que les réseaux sociaux n’existaient pas. Il fallait faire des recherches. C’était surtout des feuillets qu’on pouvait se procurer à la Librairie Alternative. Je suis devenu végane en 1991, me positionnant contre l’exploitation animale dans son ensemble. Il y avait peu de choix en matière de vêtements à l’époque. Je portais des bottes en caoutchouc !
  • Et au niveau de l’alimentation, ça se passait comment ?
    J’ai mangé du « couscous aux légumes » assez longtemps ! Il y avait très peu de choix à cette époque, mais le tofu et les « viandes » veggies existaient déjà. Le fromage végétal n’était pas végane puisqu’il se fabriquait avec de la caséine. Alors, je n’en consommais pas. Il fallait cuisiner… En 1997, j’ai d’ailleurs fait partie du collectif qui a lancé le restaurant végétalien « Aux Vivres » : on a rénové la place, acheté tout le matériel, et on a cuisiné. J’ai dû m’y « battre » parce la majorité n’était pas végane et je me retrouvais le seul à avoir une vision éthique sur le droit des animaux. Il y a eu des frictions à plusieurs reprises, car certains voulaient incorporer des trucs non véganes. « Aux Vivres » fut un laboratoire d’expérience culinaire fascinant dans ses débuts.
  • Est-ce que la question des protéines se posait à toi, à tes débuts ?
    Non, je ne m’en faisais pas pour les protéines, pas plus que pour le calcium !...Et je n’ai jamais connu de carences. Je fais plus attention aujourd’hui, mais je n’ai aucun problème de santé. J’ai même le souvenir d’une randonnée en ski de fond de six jours — la « Traversée de Charlevoix » — où mes coéquipiers, tous omnivores, ricanaient de moi au début, mais qui ont vite déchanté quand c’est moi qui ai fini par ouvrir le sentier, avec parfois une heure d’avance sur eux. J’avais l’énergie du matin, parce qu’une alimentation végane permet une meilleure récupération, mais même si les gens prennent ça pour un régime alimentaire, c’est avant tout une démarche éthique chez moi.
  • Est-ce que ton véganisme a eu un effet sur tes rapports avec ta famille ? Comment tu as été perçu ?
    Mon père pensait au début que ça passerait. Mais il a dû admettre que c’était là pour durer, car ça fait déjà 26 ans. Mon frère fait du triathlon et il s’est rendu compte qu’il y avait des champions véganes. Il s’intéresse maintenant au « plant base diet », mais j’évite d’en parler parce que l’éthique est trop confrontante pour lui. J’ai lâché prise. On est toujours un peu perçus comme extrémistes dans notre propre famille. Ceci dit, ma mère aime beaucoup nous faire des plats véganes quand on la visite. Du côté de ma belle-famille, la mère de ma blonde est végane depuis quelques années, donc ce n’est pas compliqué de ce côté-là.
  • Et ça s’est passé comment, avec les amis ?
    Il y a eu beaucoup de ruptures suite à des clashs avec des amis. C’était confrontant et ma façon de m’exprimer n’était pas forcément correcte. J’ai beaucoup donné dans les années 90 : j’invitais à manger chez moi, je donnais des recettes, mais ça ne donnait rien… Aujourd’hui, mes relations sont plus souvent véganes qu’autre chose.
  • Je pose à tout le monde la question de savoir si l’empathie à l’égard des animaux (des « animaux non humains » si tu veux) - est la même qu’à l’égard des humains. Ton point de vue là-dessus ?
    Oui, c’est la même chose.
  • Est-ce que ta vision des humains a changé ?
    Il y a des activistes qui chialent après l’humanité, qui critiquent les humains. C’est, selon moi, la meilleure façon pour nous faire passer pour des extrémistes. C’est justement la meilleure façon de disqualifier notre propos. D’ailleurs, depuis qu’on dispose d’un discours philosophique argumenté, on ne peut plus nous qualifier d’extrémistes. C’est une des raisons pour lesquelles ça marche aujourd’hui.
  • Je reviens sur ton parcours : ton militantisme a une longue histoire, apparemment. Ça a commencé comment ?
    J’ai d’abord manifesté contre la fourrure, le massacre des phoques, l’expérimentation animale. Je faisais partie de VITAL, un organisme francophone luttant sur ces trois fronts. J’étais en lien avec l’association CARA de l’université Concordia qui menait des campagnes anti-fourrures. Je participais aux vigiles. Je me souviens d’une manif où on était déguisés en « faucheurs de la mort »et où on portait un cercueil avec des fourrures dedans. On avait mis le feu au cercueil devant un magasin de fourrures ! On se défoulait, mais ça ne faisait pas avancer la cause. J’ai participé à des choses, mais je ne suis pas convaincu que c’étaient de bonnes choses. La violence ne donne jamais rien. C’est la meilleure façon d’être discrédités. Je crois aujourd’hui que c’était une perte de temps. Il y a des gens qui participent à des campagnes ciblées et qui s’opposent néanmoins au véganisme. Dans les années 80, le marché de la fourrure avait baissé, mais ça a repris de plus belle. Cela montre l’échec des campagnes ciblées. C’est de véganisme qu’il aurait fallu parler.
  • Qu’est-ce que tu penses des manifestations de type  « vigiles » aujourd’hui ? Le petit nombre des personnes présentes est-il un obstacle ?
    Je suis d’accord, pourvu que ce soit de véganisme dont on parle. Il y a dix ans, j’aurais dit qu’on n’est pas assez nombreux. Mais plus aujourd’hui, du fait des réseaux sociaux qui diffusent l’information. Il est arrivé qu’on fasse une projection de film au parc Laurier pour inciter les gens à venir. Mais s’il y a des gens à qui il faut montrer des images-chocs, il y en a d’autres avec qui il faut plus de douceur. Je crois qu’il faut surtout dire la vérité, dire pour quoi on agit.
  • Qu’est-ce que tu penses des vigiles devant Canada Goose ?
    Nous sommes évidemment contre la fourrure, mais la question est de savoir ce qui se passe pour celui ou celle qui reçoit le message anti-fourrure et qui va manger un hamburger juste après.
  • Et sur la façon de faire ?
    Il peut y avoir une certaine agressivité dont les passants sont témoins. On risque encore une fois de passer pour des extrémistes, ce qui n’aide pas la cause. L’industrie de la fourrure peut se dire « Bingo ! Voilà ce que je voulais !...Ce sont des extrémistes ! » Le ton doit toujours être neutre. Tu n’es pas là pour te défouler, mais pour défendre une cause. On a le devoir d’avoir un comportement irréprochable.
  • As-tu déjà eu des menaces ou été victime de violence dans ton activisme ?
    J’ai reçu des coups et j’ai eu des menaces, même des menaces de mort dans le temps de mon activisme contre la chasse aux phoques, il y a environ dix ans de ça. Disons que mon nom était populaire sur leurs réseaux. On m’avait même associé à Paul Watson !
  • Je reviens sur les débuts. Comment étaient perçues les manifestations quand tu as commencé à t’investir ?
    Tout comme aujourd’hui, on se faisait dire qu’on devrait plutôt s’occuper des humains et non pas des animaux. Comme si on ne pouvait pas s’occuper des deux.  Étrangement d’ailleurs, ce sont souvent ceux qui ne font rien qui nous disaient ça. Ils ont tout simplement un manque d’empathie à tous niveaux.
  • Est-ce que les véganes ne continuent pas d’être catalogués aujourd’hui ?
    Oui. Dans les critiques qui nous sont parfois adressées, on peut lire que nous sommes des « privilégiés blancs », par exemple. J’ai beaucoup de misère avec ça. On peut être végane sans être privilégié ! Il y a des privilèges partout ! C’est l’argument de ceux qui ne savent plus quoi dire. Cela vient des courants marginaux : c’est un moyen de justifier le fait de continuer à manger des animaux, alors qu’un sac de lentilles, du riz ou des pommes de terres, ça ne coûte pas cher et c’est végane !...Ce que je pense, c’est qu’on est des individus avant tout. On ne doit pas être catégorisés : c’est justement ce qu’on fait avec les animaux… « Homme, blanc, privilégié, etc. » : à la fin, on n’a plus le droit de parler !
  • À partir de quand le véganisme s’est-il répandu ?
    Aux alentours de 2010. À l’époque, je faisais partie du Conseil d’Administration de l’AVM. J’y suis resté jusqu’en 2012. Je voulais faire avancer les choses vers l’éthique animale. Ça a été mon initiative de provoquer des conférences sur l’éthique animale avec Anne-Marie Roy. J’ai rassemblé des gens à ce moment-là. Le sous-sol du resto Végo était plein !
  • Le film « Earthlings » a-t-il eu un impact ?
    Oui, certains ont cessé de cautionner l’exploitation animale suite à ce film. Georges Laraque a amené beaucoup de gens vers notre cause. Il louait des salles de cinéma pour le diffuser : c’étaient des fans de hockey qui se déplaçaient pour voir le film ! Mais l’effervescence qui a eu lieu ensuite est liée à l’intellectualisation du véganisme, c’est-à-dire à l’enseignement de l’éthique animale à l’université et à l’arrivée sur le marché de livres sur le sujet. Vilmer est notamment un des premiers francophones sur l’éthique animale qui positionne chaque camp dans le mouvement sans d’ailleurs prendre position personnellement.
    En même temps, on a connu un développement des réseaux sociaux qui y est pour beaucoup. On a fait un énorme pas en peu de temps, si on compare à ce qui s’est passé avant. Ces dernières années, on a beaucoup parlé d’éthique à la radio. On a intellectualisé le débat, c’est pourquoi les médias s’intéressent un peu plusà l’éthique aujourd’hui. En fait, ça fait cinq ans que ça bouge. Ça se voit dans la qualité des discussions sur les réseaux sociaux. Ce n’est plus seulement émotif, on ne parle plus seulement de « cruauté » (une notion subjective qui peut toujours être débattue), mais on utilise des arguments contre l’exploitation animale. En politique, il y a des gens qui ont aujourd’hui un certain langage en éthique animale qu’ils n’avaient pas avant. En plus, il semble que des gens de Projet Montréal ont fait le Défi végane. À Québec Solidaire également, ils ont maintenant un comité sur l’éthique animale. Je ne sais pas ce que ça vaut, mais quand même. Je pense que ces avancées sont dues au fait qu’on ait parlé de véganisme. Peut-être faut-il clarifier encore cette notion de véganisme parce qu’elle n’est pas comprise par tous.
  • Qu’est-ce qui n’est pas compris ?
    Il y a des gens qui ont associé le véganisme à l’alimentation et qui ne comprennent rien à l’éthique animale. C’est peut-être qu’on n’a pas été assez clairs. Le vrai problème, c’est l’exploitation animale. On s’est peut-être trop « éparpillés dans la nourriture » et pas assez focusés sur le droit des animaux.
  • Tu peux préciser ?
    J’ai vu des gens devenir « véganes » un certain temps et revenir à leurs anciennes habitudes : ils se disaient véganes, mais ce n’était pas ancré en eux. Comme je l’ai dit, j’ai manifesté à la fin des années 80 contre la fourrure, l’expérimentation animale et la chasse aux phoques. Or, il y a des gens qui sont devenus végétariens en même temps que moi à l’époque, mais qui le sont restés sans faire le cheminement vers le véganisme. Ils avaient pourtant cessé la consommation de viande pour des raisons éthiques, mais ils n’ont pas cheminé depuis. Il y en a aussi qui avaient cessé toute consommation de viande, mais qui l’ont reprise avec l’arrivée du « bio » ou qui ont trouvé un moyen de se légitimer avec la notion de « viande heureuse ». C’est là qu’il y a un échec : on n’a pas assez parlé de véganisme. On l’était pourtant dès 1991, mais on était très peu nombreux.
  • Et les arguments de la santé et de l’environnement, tu en penses quoi ?
    C’est bien : ça peut être un moyen d’attirer quelqu’un, mais il faut être clair. Il ne faut jamais oublier pourquoi on est là : il y a un message à faire passer. Il faut détourner les questions pour amener l’interlocuteur sur lesujet : l’éthique. La santé des gens ne me regarde pas. Et je ne vais pas me spécialiser dans l’environnement !
  • Donc la question de l’éthique doit clairement passer avant le reste ?
    Oui. En tant que militant, on a d’ailleurs le devoir de s’éduquer, de maitriser l’éthique animale, de connaitre la littérature sur le sujet. Je m’éduque pour la cause des opprimés. En tant que militant, on a un devoir d’apprendre pour être capable de répondre aux arguments. Mon devoir est de savoir quoi dire la fois suivante si je n’ai pas su quoi répondre une première fois. J’ai parfois vu des militants d’une pauvreté intellectuelle désarmante. La façon dont certains s’expriment aussi parfois, par exemple quand on dit à un omnivore qui diminue sa consommation de viande que « c’est bien d’en manger moins » ! Si on n’est pas assez bon, il faut choisir quelqu’un qui saura mieux passer le message que soi. On rencontre dans le mouvement végane des problèmes d’égos. Or, il faut parfois savoir céder la place.
  • Et tu fais quoi maintenant ?
    Aujourd’hui, nous faisons partie, ma compagne et moi, du comité d’organisation du Festival végane de Montréal. On est en charge du volet des démos culinaires du Festival, mais nous essayons de faire apparaitre que derrière l’alimentation végétalienne, l’éthique est au fondement du véganisme. Le véganisme vise l’abolition : ce n’est pas alimentaire, à la base. L’objectif du Festival est d’amener les gens à approfondir certaines questions. Le festival est gratuit pour attirer plus de gens vers le véganisme, pour montrer aux gens que nous ne sommes pas des extrémistes. Sur 90 festivals en Amérique du Nord, il y en a 10 qui s’appellent « Végan Fest » (2 au Canada, dont celui de Montréal). Tous les autres s’appellent « Veg-Fest » ou « Veggie-Fest ». Je n’aurais pas adhéré au Festival s’il s’était appelé autrement que Festival Végane.
  • Tu sembles donner beaucoup d’importance à l’éducation. Ne serait-il pas préférable de chercher à instaurer de nouvelles lois plutôt que d’essayer d’éduquer tout le monde ?
    L’éducation, c’est la base. Cela ne sert à rien de chercher à instaurer de nouvelles lois si elles ne sont pas comprises. Les lois peuvent toujours être abolies. C’est pourquoi il faut éduquer avant de faire passer les lois. Les lois sans éducation, ça fait des frustrés. Même s’il est vrai que l’éducation n’aura un impact que sur une partie de la population, elle est la base selon moi. Ces dernières années, nous avons fait un énorme bond, mais ce n’est pas encore assez, j’en conviens. Et il reste beaucoup à faire. Je pense que c’est l’éducation qui est à l’origine de cette avancée des dernières années. Je tiens à souligner l’apport de tous ceux qui ont participé à ce changement au Québec : Carl-Saucier Bouffard, Élise Desaulniers, Martin Gibert, Frédéric Côté-Boudrault, Christiane Bailey, Valéry Giroux, Renan Larue, Stéphane Groleau.
  • C’est le Stéphane Groleau de la « végéculture » ?
    Oui, c’est lui. Il y a d’ailleurs un sujet dont on parle encore assez peu : l’agriculture véganique. Pour beaucoup de gens, on a besoin du fumier fourni par les animaux. En fait, on peut s’en passer et le remplacer par des engrais végétaux. On peut devenir totalement indépendant de l’exploitation animale. Il existe une compagnie du nom de « One Degree » qui fabrique des pains, farines, céréales et autres, issus d’agriculture véganique. On évite ainsi toute contamination qui vient du fumier. Ça, c’est un volet sur lequel il faut qu’on se positionne. On consomme des fruits et des légumes qui ont poussé avec du fumier. On connait deux exploitants qui n’utilisent que du végétal : Stéphane Groleau à Québec, qui a écrit sur le sujet, et Jimmy Vidèle dans les Laurentides.
  • Est-ce qu’il y a des livres qui ont jalonné ton parcours ?
    Oui, je pense notamment à « Se nourrir sans faire souffrir » de John Robbins (« Diet for a new America » dans la version anglaise) — qui était le seul en français à l’époque, et qui montre les conditions de vie des animaux de ferme. J’aime également beaucoup ce qu’écrit Gary Francione. Je me suis reconnu dans ce qu’il écrivait. Son modèle d’abolitionnisme s’oppose par exemple aux campagnes pour des « poules heureuses » ou des « poules en liberté » que Peter Singer cautionne. Je ne comprends justement pas pourquoi des gens citent encore du Peter Singer : c’est comme si on reculait de 20 ou 30 ans quand ils font ça. Nous voulons tous la même chose, mais pas de la même façon. Je ne partage pas les idées néo-welfaristes de certains pour qui Peter Singer est une référence. L’industrie s’adapte très bien à cette vision-là. Elle sait toujours s’adapter selon la demande. C’est ce qu’on voit depuis des années. Ça fait même trente ans qu’on fait des essais selon une logique « étapiste », ce qui, selon moi, est un échec. Or, ça ne passerait pas s’il s’agissait d’humains. S’il s’agissait d’êtres humains, on dirait qu’on n’a juste pas le droit de les exploiter.Quand on est végane, on vise l’abolition. Je pense qu’il faut être ferme avec les gens sur ce point.
  • Que penses-tu de l’idée d’installer des caméras dans les abattoirs ?
    Je suis contre, car au final, les animaux sont abattus de toute façon. Accepter cette idée serait comme accepter qu’on continue d’abattre des animaux.
  • Certains avancent qu’une fois dans la place grâce aux caméras, l’objectif suivant sera de diffuser les images le plus largement possible…
    Je ne pense pas que l’industrie va se laisser faire. Tu te souviens qu’ils ont mis des caméras au Berger Blanc ? Est-ce que ça a donné quelque chose ? Est-ce qu’on y a un accès pour voir ce qui se passe ? Non ! C’est beaucoup d’argent et de temps gaspillé, selon moi… Les campagnes néo-welfaristes jouent le jeu de l’industrie.
  • Quel est ton point de vue sur les partisans de la non-violence qui condamnent l’action directe comme celle de 269Life ou le blocage des camions, etc. ?
    Je crois qu’il faudrait pour commencer définir le terme « violence », car nous vivons dans un monde hypocritement violent où la majorité ne le saisit pas bien.
  • Un dernier mot pour conclure ?
    Pour conclure, je tiens à faire un clin d’œil à mon ami Daniel et à sa troupe de Résistance Animale, et à souligner le soutien que je reçois tous les jours de ma blonde, également végane depuis plusieurs années et activiste.
  • Merci Jean-François.
    Merci à toi.

 

« L'opinion exprimée dans le cadre de cette chronique, est celle de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion, ni n'engage l’AVM »

 

 


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