Vos fruits et légumes sont-ils véganes?

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Par Jolyane Bouchard

Dans les dernières années, la communauté végane du Québec s’est agrandie rapidement grâce notamment au travail sans relâche de nombreuses associations comme l’Association végétarienne de Montréal, mais également grâce à des professionnels et des entrepreneurs engagés.

Activités de sensibilisation autour de la maltraitance des animaux, ateliers sur la santé et l’alimentation, recettes de cuisine et services de transformation alimentaire se multiplient pour subvenir à la demande grandissante des personnes adoptant le mode de vie végane. Mais qu’en est-il du développement au Québec des producteurs sur lesquels repose ce nouveau système alimentaire ?

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L'aquaculture

REUTERS/Srdjan ZivulovicFacteur aggravant de la surpêche


On pourrait croire que l’élevage de poissons et crustacés est un moyen de relâcher la pression sur la faune aquatique sauvage. C’est une idée fausse. L’aquaculture accroît au contraire la demande de produits de la pêche. Les poissons d’élevage les plus prisés sont des carnivores (saumon, daurade, bar, truite, turbot...) nourris avec des farines et huiles de « poissons fourrage » (anchois, sardines, merlans bleus...). Le développement des élevages a favorisé la surexploitation des stocks de ces poissons de moindre valeur, aux dépens des oiseaux, phoques et poissons carnivores qui disparaissent des zones surexploitées par manque de nourriture.

Il faut entre 2,5 et 5 kg de poisson pour produire 1 kg de poisson carnivore d’aquaculture[1]. Le rendement est sensiblement meilleur pour les crevettes[2]. Il est désastreux pour le thon rouge, un grand prédateur surpêché dont on cherche à développer l’élevage: 10 à 20 kg de poisson pour 1 kg de thon rouge. Les carpes et tilapias sont parfois qualifiés de « poissons végétariens » : il s’agit en fait d’omnivores qui peuvent être nourris de végétaux ou d’autres denrées. Depuis le milieu des années 1990, on ajoute des farines de poisson à leur alimentation, si bien qu’en 2007, l’ensemble des élevages de carpes et de tilapias consommait plus d’une fois et demie la quantité de farines de poissons utilisée par les élevages de saumons et crevettes[3].

Problèmes environnementaux et sanitaires générés par l’aquaculture

Les élevages intensifs sont d’importantes sources de pollution. Un élevage type de 200 000 saumons produit la même quantité de matières fécales qu’une ville de 62 000 habitants[4]. Les élevages de crevettes ont connu une croissance très rapide à partir des années 1970, stimulés par la demande des États-Unis, de l’Europe occidentale et du Japon. Les trois quarts de la production sont réalisés en Asie, le quart restant en Amérique latine. D’immenses surfaces de mangroves ont été défrichées pour installer des élevages, bouleversant des milieux qui abritent de nombreuses espèces d’animaux, et entraînant une forte érosion des sols et un affaiblissement de la protection contre les crues. Les étangs d’élevage sont abandonnés au bout de 3 à 5 ans d’exploitation en raison de la formation progressive d’une boue toxique au fond des bassins (mélange d’excréments et de produits chimiques) laissant une zone impropre à tout autre usage.

Comme dans tous les élevages intensifs, les maladies se propagent rapidement entre les animaux. Des élevages aquacoles entiers sont décimés et doivent être fermés quand cela survient. Pour limiter ce risque, les éleveurs traitent les animaux aux antibiotiques, antifongiques et autres pesticides. Cela pose un problème de santé publique lorsque des résidus d’antibiotiques se trouvent dans la chair des animaux consommés, ou qu’elle est contaminée par divers polluants. On constate par ailleurs la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques dans les sédiments situés sous les parcs.

Les élevages aquacoles sont une menace pour la faune sauvage. Les antifongiques, pesticides et autres produits chimiques contaminent les eaux. Les animaux qui s’échappent des enclos propagent les maladies contractées dans les élevages à leurs congénères sauvages. C’est ainsi que l’épidémie d’anémie infectieuse du saumon qui sévit dans les fermes aquacoles du Chili depuis 2007 a ravagé de nombreux élevages et que le virus s’est transmis aux poissons sauvages via les saumons évadés[5]. Les parasites qui pullulent dans les élevages finissent eux aussi par atteindre les poissons sauvages : les poux de mer des saumons d’élevage peuvent infester des populations de saumons ou de truites sauvages à un niveau potentiellement mortel pour les poissons sauvages. Charles Clover (op.cit., p. 298) commente avec une pointe d’humour désabusé la réaction des autorités écossaises à un cas indubitable d’infestation de truites migrantes par des poux issus des élevages piscicoles :


« Allan Wilson, ministre écossais de l’Environnement et du Développement rural (une double casquette difficile à porter), répondit qu’il était “vital de trouver un équilibre entre les besoins de ce secteur en développement et son impact sur l’environnement”. Dans ce cas, “trouver un équilibre” signifie ne rien faire. »


Références:
1. Selon Cury et Misery, Une mer sans poissons, Calmann-Lévy, 2008, p. 197.
2.Il faut 1 à 2 kg d’aliment, composé de céréales et farine de poisson, pour obtenir 1 kg de crevettes (Source : « Elevage de crevettes », Wikipedia)
3. Source : « L’aquaculture pompe les ressources marines », Sciences et avenir, 8 septembre 2009.
4. Source: Greenpeace, « Pisciculture » , http://oceans.greenpeace.org/fr/nos-oceans/pisciculture

5, Cf Richard de Vendeuil et Gilbert Charles, « L'élevage du poisson remis en question », L’express.fr, 17 mars 2010.



Source: Viande.info

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La pêche

 
 
Prises accessoires : une hécatombe

La production des pêcheries n’inclut que le tonnage d’animaux débarqués et commercialisés. L’atteinte à la faune sauvage ne se limite pas à cela. Une partie des animaux capturés ne correspondent pas aux espèces ciblées ; ils sont alors rejetés à la mer, morts ou agonisants. Les rejets concernent aussi des poissons juvéniles. C’est ce qu’on appelle les prises accessoires. Dans certaines pêcheries de cha
lutage de crevettes, le rejet peut atteindre 90% de la prise[1]. 89% des requins marteaux et 80% des requins blancs et des requins renard ont disparu de l’Atlantique Nord-Est dans les 20 dernières années suite aux prises accessoires[2]. L’essentiel des corps rejetés ou des déchets issus des poissons éviscérés à bord coule sans être consommé. Une partie est ingurgitée par des poissons ou par des oiseaux nécrophages : c’est ce qui a entraîné la prolifération des goélands et sternes en mer du Nord.
Les estimations du volume global des rejets sont variables. Selon une étude publiée par le WWF début 2009[3], il pourrait s’élever à 38 millions de tonnes par an, ce qui signifie que pour 100 tonnes de poisson débarquées et commercialisées, il y a environ 40 autres tonnes qui sont pêchées et rejetées à la mer. Les poissons, mollusques et crustacés ne sont pas les seules victimes des prises involontaires. Chaque année, plus de 300 000 petits cétacés (baleines, dauphins, marsouins) meurent empêtrés dans les filets de pêche. De très nombreuses tortues subissent le même sort, dont des espèces en danger ou en voie d’extinction[4] (250 000 tortues caouannes et tortues luth). La pêche cause aussi une mortalité considérable parmi les oiseaux marins (fous, guillemots, macareux, albatros, pétrels...) : ils plongent pour capturer des poissons et se trouvent pris dans des filets ou avalent un hameçon appâté fixé à une palangre. La moitié des 125 espèces de pétrels et 16 des 21 espèces d’albatros sont considérées en danger d’extinction[5]. Certains animaux marins souffrent de la raréfaction de leurs ressources alimentaires en raison de l’énorme prélèvement sur celles-ci opéré par les bateaux de pêche. Au large de Terre-Neuve, la raréfaction des poissons a entraîné une diminution de la taille moyenne des baleines à bosse. Des phoques affamés ont migré du Groenland vers les côtes du Canada. En Europe, dauphins et marsouins semblent descendre vers le sud alors que l’Atlantique nord est surexploité[6].


Les ravages de la pêche fantôme[7]
 
La « pêche fantôme » désigne la prise d’animaux par des équipements de pêche perdus ou abandonnés en mer (filets, pièges et nasses). Selon un rapport de la FAO et du PNUE publié en mai 2009, ces équipements représenteraient 10% des déchets marins (soit 640 000 tonnes). Ils causent la mort d’innombrables animaux, altèrent les fonds marins et constituent des dangers pour la navigation. Ainsi, quand un filet maillant est perdu ou abandonné, il continue à pêcher tout seul pendant des mois ou des années. L’extrémité du filet est ancrée au fond de la mer et des bouchons sont attachés au sommet. Ainsi, il forme un mur vertical sous-marin long de 600 à 10 000 mètres, dans lequel vont se prendre toutes sortes d’animaux.Dans la baie de Chesapeake aux États-Unis, environ 150 000 pièges à crabes sont perdus chaque année sur les 500 000 déployés. En Guadeloupe, les 20 000 pièges qui sont posés chaque année se perdent lors de la saison des ouragans.


Surpêche

Les analyses en termes de surpêche ou de surexploitation des océans (lacs, rivières...) se placent dans une optique où les animaux aquatiques sont vus comme des ressources naturelles utiles aux hommes, dont on analyse le risque d’épuisement. Il y a surpêche lorsque le prélèvement sur ces ressources devient excessif par rapport à leur capacité à se reconstituer. En 2007, selon la FAO, « plus de 80% des stocks de poissons pour lesquels des résultats d’évaluation sont disponibles sont déclarés pleinement exploités ou surexploités[8] ».



« En décembre 2006, une équipe dirigée par Boris Worm, de l’université de Dalhousie (Canada), a calculé qu’au milieu du XXIe siècle, les espèces les plus couramment pêchées aujourd’hui pourraient avoir disparu si la pression humaine (surpêche, pollution et destruction des milieux) continue au rythme actuel[9]. »

Les estimations du degré de surexploitation des ressources halieutiques sont variables et controversées : aux incertitudes scientifiques s’ajoutent des manœuvres à motivation politique ou économique. Mais il n’y a pas de doute sur le fait que la surpêche existe bel et bien. Elle a déjà conduit a l’effondrement complet de certains stocks. Un exemple qui a marqué les esprits est celui de la pêche à la morue au large de Terre-Neuve. Au début du XXe siècle des centaines de bateaux européens traversaient l’Atlantique pour pêcher dans cette région. Puis, les bateaux, équipés de chaluts et de sonars, sont devenus de plus en plus performants. De 1950 à 1960, les prises ont été multipliées par quatre avant de se mettre à chuter. En 1992, le gouvernement canadien s’est rendu à l’évidence et a décrété un moratoire sur la pêche à la morue. Trop tard : malgré l’arrêt de la pêche, les stocks de morue ne se sont pas rétablis.

Au niveau global, divers indicateurs attestent de la réalité de la surpêche. La modernisation et l’accroissement de la flotte de pêche n’a jamais cessé. De très nombreuses pêcheries sont en état de surcapacité. Là encore, les chiffres sont incertains mais le phénomène est incontestable : il y a suffisamment de bateaux pour prendre entre 2 et 3,5 fois plus de poisson qu’on n’en capture effectivement. Ces bateaux sont de mieux en mieux équipés pour ne laisser aucune chance aux poissons : à la fois par la sophistication des outils de capture et par la multiplication des équipements permettant de repérer leurs proies. Cependant, les prises plafonnent autour des 90 millions de tonnes annuelles. Et, cela bien que la pêche s’étende à de nouvelles zones et espèces.

Les poissons pêchés de longue date vivent en eaux peu profondes (jusqu’à environ 200 m au-dessous de la surface). Plus bas, on trouve d’autres espèces. A mesure que les stocks des poissons habituellement capturés se sont mis à décroître, et grâce à la course à l’armement technique, les bateaux de pêche se sont mis à puiser dans les eaux plus profondes. De nouvelles espèces ont été pourchassées : flétan, merlan bleu, julienne, siki (parfois commercialisé sous le nom de « saumonnette » bien qu’il s’agisse d’une variété de requin), empereur, grenadier, sébaste (parfois commercialisé sous le faux nom de « rascasse »), lingue, sabre... Le pillage des eaux profondes a été déclenché alors qu’on connaît mal la biologie et les conditions de reproduction des nouvelles victimes. Il y a de sérieuses raisons d’être pessimiste : les espèces pêchées en eaux profondes sont des animaux d’une grande longévité, qui atteignent tardivement l’âge de reproduction et présentent une faible fécondité. C’est pourquoi Greenpeace demande l’interdiction de la pêche dans les grands fonds[10].

 
Les dommages du chalutage de fond


Crédit photo: AFP

De façon générale, les chaluts sont des filets tractés par des navires de pêche. L’essor des chalutiers industriels est pour beaucoup dans la surexploitation des mers. Dans le cas du chalutage de fond, d’immenses filets lestés par des poids sont positionnés à proximité du fond. Les chaînes ou rouleaux fixés à l’avant des filets raclent le sol, arrachant la flore et endommageant ou détruisant les coraux et colonies d’éponges. Cette technique est particulièrement destructrice d’habitats nécessaires au maintien et à la diversité de la vie marine. En 2006, l’ONU a demandé que la pêche de grands fonds soit encadrée de façon à protéger des milieux marins très vulnérables. Mais les États et organismes internationaux de gestion des pêches n’ont pas agi dans les délais prévus. Un moratoire sur la pêche au chalut de fond est entré en vigueur le 30 septembre 2007 pour la seule région du Pacifique sud. La Russie dont la flotte est présente dans cette région, a annoncé qu’elle continuerait ce type de pêche[11].

 
Des puits de carbone qui disparaissent[12]

Les « puits de carbone » sont des entités naturelles ou artificielles qui extraient et séquestrent du carbone présent dans l’atmosphère, réduisant ainsi l’effet de serre. Les océans absorbent environ la moitié du carbone émis dans l’air via le plancton, les poissons et les coraux. Les poissons contribueraient pour 3 à 15% aux puits de carbone océaniques, voire beaucoup plus selon certaines hypothèses. Les plateaux continentaux qui concentrent la plus grande partie de la biomasse des poissons sont les zones les plus propices à ce piégeage du carbone. C’est dans ces mêmes zones que la surpêche a fait disparaître le plus de poissons, contribuant ainsi au réchauffement climatique.

 
Pêche artisanale et pêche industrielle

Même si la délimitation de la pêche artisanale reste quelque peu floue[13], il est courant de distinguer la pêche artisanale de la pêche industrielle. Les deux secteurs présentent en effet des traits sensiblement distincts à divers égards, comme l’indique le tableau suivant.
 

Source : Alliance pour une pêche responsable[14].

Les caractéristiques des deux secteurs justifient que l’on s’attache particulièrement à freiner la pêche industrielle. Il serait toutefois caricatural de conclure à l’innocuité de la pêche artisanale. L’augmentation des volumes pêchés n’est pas uniquement imputable à l’essor de la pêche industrielle. La flotte artisanale s’est elle aussi modernisée et a accru sa capacité de capture, comme l’illustre l’exemple du Sénégal :

« En 1980, au Sénégal, il y avait 3000 pirogues de pêche artisanale, aujourd’hui, il y en a 12 000, équipées de moteurs hors-bord et de GPS. Le taux de motorisation a été multiplié par 400. Elles sont capables de changer d’engins de pêche dans la journée, et ainsi de passer de la pêche à la senne tournante pour les sardinelles à la pêche à la ligne permettant de prendre des mérous sur les fonds rocheux[16]. » Il existe par ailleurs des formes très destructrices de pêche artisanale (pêche à l’explosif, pêche au cyanure).

 

Références:
1. Source : Greenpeace, « 
Prises accessoires ».
2. Source : WWF, « 
Les prises accessoires ».
3. Davies RWD et al. « 
Defining and estimating global marine fisheries bycatch », Marine Policy, 2009.
4. Source :
WWF
5. Source : Philippe Cury et Yves Miserey, Une mer sans poissons, Calmann-Lévy, 2008, p. 93.
6. Source : «
Surpêche », Wapedia.
7. Source : PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement), « 
Les filets fantômes affectent l’environnement marin », communiqué du 6 mai 2009.
8. FAO, La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, 2008, p. 8.
9. Cury et Miserey, op. cit., p. 15.
10. Greenpeace, « :
pêche de grand fond ».
11. Caroline de Malet, « 
Fin des chaluts de fond dans le Pacifique sud », Le Figaro, 8 mai 2007.
12. Sources : « 
Puits de carbone », Wapedia ; « Contribution des poissons aux puits de carbone », Wikipedia.
13. Cf. Arthur Bergson, « 
La pêche artisanale – définition », avril 2009.
14. Alliance pour une pêche responsable, « 
La réalité de la pêche dans le monde ».
15. Philippe Cury et Yves Miserey, Une mer sans poissons, Calmann-Lévy, 2008, p. 123.



Source: Viande.info
 

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Viande, gaspillage et pollution de l’eau

 

Gaspillage d’eau

La Terre a des ressources en eau limitées. La FAO estime que nous disposons globalement de 9 000 à 14 000 km3 d’eau utilisables[1], soit 5 640 L d’eau par jour et par personne au mieux aujourd’hui, 4 260 L d’eau par jour et par personne au mieux en 2050[2].

Environ 5 000 L d’eau sont nécessaires pour produire 1 000 kcal d’aliments d’origine animale, 1 000 L si l’origine est végétale[3].


 

Pollution des eaux

En prenant en compte les différents segments[4] de la chaîne de production, l’élevage, y compris la pisciculture[5], est la plus grande source sectorielle de polluants de l’eau : principalement les déchets animaux, les antibiotiques, les hormones, les produits chimiques des tanneries, les engrais et les pesticides utilisés pour les cultures fourragères, et les sédiments des pâturages érodés[6].

L’hypereutrophisation, par les nitrates, le phosphore et autres nutriments est responsable de l’essor des algues vertes et de la dégénération des récifs coralliens. Cette eutrophisation cause la mort de nombreux êtres vivants aquatiques[7] et de quelques animaux terrestres[8]. L’élevage y contribue de façon directe par les rejets de lisiers et indirecte par l’excès d’engrais apportés aux cultures de céréales destinées à nourrir le bétail[9].

La gestion des déjections animales dans les élevages intensifs provoque le lessivage des nitrates et des agents pathogènes dans la nappe aquifère, qui met souvent en péril les réserves d’eau potable[10].

 
Pluies acides

L’élevage est responsable de 64% des émissions d’ammoniaque (NH3), une des principales causes des pluies acides[11]. Les émissions d’ammoniac sont à 95% d’origine agricole, dont 80% proviennent de l’élevage[12].

Les précipitations s’acidifient au contact de l’ammoniaque présent dans l’air (gaz très soluble dans l’eau), perturbent la photosynthèse et détruisent les éléments nutritifs du sol causant le dépérissement forestier.

Les lacs, les fleuves, les ruisseaux et les rivières sont eux aussi altérés par les pluies acides : on observe une réduction et une disparition d’espèces aquatiques, très sensibles au changement de pH[13].

 
pH 6,5
pH 6
pH5,5
pH 5
pH4,5
pH4
Truites
 
 
 
 
 
 
Bars
 
 
 
 
 
 
Perches
 
 
 
 
 
 
Grenouilles
 
 
 
 
 
 
Salamandres
 
 
 
 
 
 
Palourdes
 
 
 
 
 
 
Écrevisse
 
 
 
 
 
 
Escargots
 
 
 
 
 
 
Éphémère
 
 
 
 
 
 

Au Canada, sur 160 000 lacs de 10 hectares ou plus étudiés, 19,4% étaient acides et 51% en train de le devenir[14].


Références:
1. FAO,
Crops and Drops, 2002, p. 1.
2. 14 000km3 par an pour 6,8 milliards de personnes aujourd’hui, estimée à 9 milliards de personnes en 2050.
3. Daniel Renault (FAO),
Value of virtual water in food, principles and virtues, 2002, p. 17.
4. Les différents segments pris en compte sont l’abreuvement des animaux et l’entretien des locaux, les abattoirs et industries agroalimentaires, les tanneries et l’irrigation des cultures fourragères, FAO,
Livestock’s long shadow, 2006, pp. 128-135.
5. Gaëlle Dupont,
« Le développement fulgurant de l’aquaculture devrait continuer », Le Monde, 12 novembre 2009.
6.
http://www.fao.org/ag/fr/magazine/0612sp1.htm
7. Chloë Fromange, Emilie Novince,
Eutrophisation : un phénomène naturel amplifié par les rejets des activités humaines.
8. Cyriel Martin,
« Bretagne : ce rapport confidentiel sur les algues vertes qui accable les agriculteurs », Le Point, 21 octobre 2009.
9. Séverine Gibet pour la FAO,
Agriculture et pollution azotée des eaux en Bretagne, France.
10.
http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000219/index.html
11.
http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html
12. S. Portejoie, J. Martinez, G. Landmann,
L’ammoniac d’origine agricole : impacts sur la santé humaine et animale et sur le milieu naturel, INRA Prod. Anim.,2002, 15 (3), 151-160.
13. US Environmental Protection Agency,
Effects of Acid Rain - Surface Waters and Aquatic Animals.
14. Ministère du développement durable du Québec,
Lacs acides au Québec, 2004.


Source: Viande.info
 

 

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L’élevage accentue l’effet de serre et la déforestation

 

L’élevage premier responsable des GES

En 2006, un rapport de la FAO indiquait que l’élevage était responsable de 18% des émissions annuelles des gaz à effet de serre (GES) dans le mond
e[1]. S’il existe des divergences sur les chiffres, le rôle de l’élevage dans les émissions des GES est incontestable.

 

L’élevage génère 9% du CO2 (déforestation pour l’extension des pâturages et des terres arables pour la culture fourragère, carburant, chauffage des bâtiments d’élevage...), 37% du méthane (fermentation entérique ie digestion des ruminants et fermentation des déjections animales) et 65% de l’oxyde d’azote (épandage d’engrais azotés).

L’émission d’une tonne de méthane a un effet équivalent à 25 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) à 100 ans et un effet équivalent à 49 tonnes de CO2 à l’horizon 205
0[2]. Une tonne d’oxyde d’azote a un effet équivalent à 275 tonnes de CO2 à 20 ans et à 296 tonnes à 100 ans[3].

En avril 2010, la FAO a publié un rapport sur la contribution spécifique du secteur laitier à l’émission de GES
[4], qu’elle a évalué à 4% des émissions d’origine anthropique.


L'élevage ne se fait pas en forêt
 
L’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation selon Alain Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale pour le développement et expert auprès de la Banque mondiale[5]. Après une enquête de 3 ans publiée en juin 2009, Greenpeace affirme que l’élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt amazonienne[6].
 
Avec une superficie de six millions de kilomètres carrés, la forêt amazonienne est la plus grande zone de forêt primaire tropicale de la planète. Durant les quarante dernières années, 800 000 km2 de forêt amazonienne ont été détruits. Actuellement, ce chiffre est de 14 000 km2 par an et s’accélère à cause de l’augmentation de la production de viande qui oblige à gagner du terrain sur la forêt pour faire plus d’élevage.

Cette déforestation, en pleine accélération, cause 20% des émissions mondiales de GES[7] (combustion massive de matière organique), perturbe le cycle de l’eau (la végétation et l’humus stockent et diffusent l’humidité) et réduit la biodiversité par la destruction de l’habitat de millions d’espèces végétales et animales. En outre, le compactage des sols, piétinés par le bétail, empêche les infiltrations d’eau et provoque des ruissellements qui érodent les sols et privent d’eau les derniers végétaux, rendant les terres inutilisables.


Lutter contre le réchauffement par son alimentation

En octobre 2009, l’ancien vice-président de la banque mondiale, Lord Stern, auteur du rapport Stern sur l’économie du changement climatique publié en octobre 2006, déclarait au Times que « La viande crée beaucoup de GES. Le régime végétarien est meilleur [pour la planète][8] ». Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, recommandait déjà en 2007 de réduire sa consommation de viande pour faire diminuer les émissions de GES[9]. Le rapport de Foodwatch[10] propose une illustration de l’effet sur le climat de trois types de régimes alimentaires. Une alimentation sans produits animaux émet de 7 à 15 fois moins de GES qu’une alimentation qui contient de la viande et des produits laitiers.

 



Références:
1. FAO,
Livestock Long Shadow, 2006, p. 112.
2. Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Hervé Le Treut,
Réchauffement climatique : importance du méthane, 2008.
3.
Less Meat, less heat, Impacts of Livestock on climate change, août 2008.
4.
Greenhouse gas Emissions from the Dairy Sector: A Life Cycle Assessment, FAO, 2010
5. Laurence Caramel,
« Lutte contre la déforestation : attention aux mirages », Le Monde, 27 octobre 2009.
6. Greenpeace,
« En Amazonie », juin 2009.
7. Laurence Caramel,
« Lutte contre la déforestation : attention aux mirages », Le Monde, 27 octobre 2009.
8. « Climate Chief Lord Stern : give up meat to save the planet », The Times, 27 octobre 2009.
9.
http://blog.rkpachauri.org/blog/4/Lifestyle-Changes-for-A-Healthy-Planet...
10.
The foodwatch report on the greenhouse effect of conventional and organic farming in Germany.


Source: Viande.info

 

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