Les coupables de la déforestation

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Par Gonzalo Bilbao

Le fait que la planète ait perdu plus de la moitié de ses aires tropicales à cause des activités humaines n’est pas un secret. Mais les responsables de cette « économie de la déforestation » sont souvent peu connus. Est-ce l’exploitation forestière ? Les OGM ? L’extraction de pétrole ? L’opinion publique et les médias mettent souvent au banc des accusés les plantations de soya et l’exploitation d’huile de palme. Cette dernière est apparue de plus en plus comme un des protagonistes principaux de cette affabulation. Mais le vrai visage de ce complot contre le développement durable, protégé par l’anonymat, se cache efficacement du grand public, et il est plus actif que jamais. On parle du secteur de l’élevage.

Au cours des dernières années, la sensibilisation de la population face aux problèmes environnementaux a considérablement augmenté, et l’impact environnemental de certains produits comme l’huile de palme a été mis en relief. La production de cette graisse végétale, amplement utilisée dans la nourriture industrielle, est tristement connue pour être la principale responsable de la déforestation en Indonésie. Malgré sa réputation douteuse auprès des consommateurs, un rapport publié récemment par l’organisation de scientifiques Union of Concerned Scientists, qui a pour but d’alerter les gouvernements et la population des risques environnementaux associés à certaines activités, fait preuve d’un optimisme modéré1. Selon ce rapport, près de 60 % des entreprises utilisant cet ingrédient ont mis en place, au cours des dernières années, des politiques pour permettre de s’approvisionner de façon plus respectueuse. L’utilisation d’huile de palme 100 % durable est encore loin d’être la norme, mais ce secteur avance sûrement, bien qu’à petits pas.

Cependant, à l’échelle mondiale, la déforestation issue de l’obtention de l’huile de palme est responsable seulement d’une petite partie de la déforestation totale, indique l’UCS. La procuration de pâturages pour les bovins (pour l’obtention de lait et de viande), et la culture du soya, dont une grande majorité est destinée à l’alimentation d’animaux de ferme de tout type2, sont les deux moteurs principaux de la déforestation aujourd’hui. Profondément enracinée dans notre vie quotidienne, et dans le tissu économique de la société, l’exploitation des produits d’origine animale reste le grand ennemi du développement durable et de la conservation des espèces en général. En ce moment, près de la moitié des végétaux qu’on produit est utilisée pour nourrir les animaux2 ! Mais contrairement à l’exploitation de l’huile de palme, plus de 70 % des entreprises liées à l’exploitation des produits animaux ne possèdent aucune politique environnementale pour diminuer leur impact.

L’aspect le plus inquiétant de cette problématique est probablement le manque d’une volonté sociale ou politique pour y faire face. Dans un monde qui cherche désespérément à réduire son empreinte écologique, une solution simple et efficace comme l’élimination (ou une réduction substantielle) de la consommation des produits d’origine animale au quotidien semble être hors du menu pour la plupart des gens. Malgré la sensibilisation de la population face aux questions climatiques, les produits animaux sont encore vus comme inoffensifs pour l’environnement, même si la science nous indique le contraire. La solution à ce problème passe par la sensibilisation de la population. Une évaluation critique de nos habitudes alimentaires est la clé pour arrêter cette économie de la déforestation. En tant que consommateurs, ce sont nos choix quotidiens qui ont le pouvoir de changer l’avenir de la planète, peu importe si certains mandataires politiques sont des « climatosceptiques ». Le chemin vers un monde libre de déforestation commence dans les épiceries.

 

Sources :

  1. sleeping_giants_of_deforestation_-_2016_forest_500_results.pdf. Available at: http://globalcanopy.org/sites/default/files/documents/resources/sleeping_giants_of_deforestation_-_2016_forest_500_results.pdf. (Accessed: 11th February 2017)
  2. Soy facts & data | WWF. Available at: http://wwf.panda.org/what_we_do/footprint/agriculture/soy/facts/. (Accessed: 9th February 2017)
  3. Foley, J. A. et al. Solutions for a cultivated planet. Nature 478, 337-342 (2011).
 

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